LETTRE À ARMELLE
Ma Chère Armelle,
Comme tu vois, je ne perds pas de temps pour t'écrire dès mon retour de vacances. Ces quelques jours passés en Grèce m'ont fait beaucoup de bien. Moi qui craignais un peu de partir dans un club, je reviens ravie. Tu te souviens combien j'étais crevée et combien j'avais besoin de prendre des vacances. Nous nous étions décidés à partir en Grèce par le Club Aquarius mais Robert, qui vient de s'installer à Pouilly sous Charlieu, s'est dit que finalement, il ne pouvait s'absenter sitôt arrivé et il a décidé de rester. C'est donc seule que je suis partie pour Karistos.
J'étais déjà allé plusieurs fois en Grèce mais c'était la première fois, tu le sais, que j'y allais dans un club. En effet, je n'aurais pas eu le temps, ni le courage, d'organiser un voyage par mes propres moyens comme je le faisais auparavant. Je souhaitais surtout me reposer. L'ambiance du club de Karistos n'était pas désagréable ; c'était celle de beaucoup de clubs de vacances. On va sur la plage quelques heures l'après-midi puis petit cocktail sur les bords de la piscine à partir de 17 - 18 heures, dîner un peu tardif, souvent agrémenté d'un spectacle, puis l'une des deux boîtes de nuit du club. Après cela, on dort souvent jusqu'à midi. Ce fut mon programme dès le premier jour. Je fis quelques connaissances, surtout parmi les couples car il y avait peu de célibataires et ils ne m'inspiraient pas vraiment. Le soir, en boîte, je ne fus cependant pas longtemps seule, car les employés Grecs du club (plagistes, moniteurs, barmen, etc.) passaient évidemment toutes leurs soirées là. Tous parlaient très bien le Français et se montraient toujours très aimables avec la clientèle. Je dansai avec plusieurs d'entre eux puis, sans que j'aie vraiment fait un choix (mais peut-être en avaient-ils fait un, entre eux ?), Taki, un moniteur de voile séduisant et bronzé (la caricature même de l'athlète Grec !) se montra plus persévérant et je flirtai un peu avec lui. Il me caressait et me tripotait gentiment au travers de la robe légère que je portais. Il faisait encore chaud, même la nuit, et l'on ne portait pas grand chose. Sur le coup de trois heures du matin, je me dis qu'il fallait quand même que j'aille me reposer et je pris congé. J'eus droit à un long baiser auquel je me prêtai volontiers.
Il faisait très chaud dans le bungalow que j'occupais au point que je fus tentée d'aller dormir sur la plage mais je n'en eus pas vraiment le courage. Me demandant si je parviendrais à dormir malgré cette chaleur, je me mis complètement nue et m'allongeai sur le large lit très bas. J'étais ainsi étendue depuis une dizaine de minutes, me demandant si j'allais réussir à trouver le sommeil, lorsque j'entendis frapper à la porte du bungalow.
- Oui ? Qui est-ce ?
- C'est Taki...
Cela ne m'étonna pas vraiment, c'était assez dans leurs façons de faire.
- Je peux entrer ? Insista la
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LETTRE À ARMELLE
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